Je prépare actuellement à une nouvelle série de travaux et, afin de mieux cerner mon thème, je mène quelques recherches. Pour en savoir plus, il vous faudra patienter encore un peu car ce n'est pas le sujet de ce billet. :)

La semaine dernière, au cours d'un séjour à Londres, j'ai visité la dernière exposition thématique du British Museum intitulée Shakespeare staging the world. Le British Museum a collaboré avec la Royal Shakespeare Company (RSC)* dans l'approche créative du design et du contenu de l'exposition, en mettant l'accent sur les relations entre les objets - ceux-ci s'étendent des tableaux de maître et manuscrits rares aux modestes objets quotidiens de l'époque -, les textes de Shakespeare et le jeu des acteurs. Le musée a produit, en travaillant étroitement avec les acteurs de la RSC, une série d'interventions filmées qui jalonnent l'exposition et permettent aux visiteurs de partir à la rencontre des mots et personnages de Shakespeare aux côtés des objets exposés.

Ils découvriront également les nombreuses inspirations du dramaturge et l'influence de ses pièces sur ses contemporains. A l'époque, la conception du théâtre était bien différente de celle d'aujourd'hui car la scène dominait la vie culturelle. Shakespeare staging the world nous montre comment la scène informait, persuadait et provoquait ; comment le théâtre a ouvert une fenêtre sur le monde alors que les contacts de Londres prenaient leur essor grâce au commerce international, à la colonisation (et  à l'immirgration) et à la diplomatie.

Les parallèles établis entre chaque pièce et les croyances ou le contexte historique / économique / politique de l'époque se révèlent très intéressants.

Par exemple, un lien est clairement établi entre Macbeth (ou The Scottish Play) et les opinions du Roi James Ier concernant la relation entre la sorcellerie et la rébellion contre le roi. En effet, il était d'usage d'évoquer des allégations de sorcellerie contre des ennemis politiques présents au sein de l'élite à l'époque. Notons que la pièce a été écrite au cours du règne de James Ier, précédemment James VI d'Ecosse avant qu'il n'accède au trône d'Angleterre en 1603. James était un mécène de la compagnie de Shakespeare, et parmi toutes les pièces écrites par Shakespeare durant son règne, Macbeth reflète le plus clairement la relation entre le dramaturge et son souverain.

La tragédie raconte l'histoire de Macbeth, un général écossais courageux, qui reçoit une prophétie de la part de trois sorcières : un beau jour, il deviendra Roi d'Ecosse. Consumé par l'ambition et encouragé par son épouse, Macbeth assassine le Roi Duncan et s'empare du trône. Son règne est marqué par la culpabilité et la paranoïa, tant et si bien qu'il devient un tyran et commandite meurtre après meurtre pour se protéger de ses ennemis et d'éventuelles suspicions. Le bain de sang entraîne peu à peu Macbeth et Lady Macbeth vers les chemins de l'arrogance, de la folie et de la mort.

Bien que j'ai pu voir une adaptation de Macbeth, en 2010 au Globe Theatre de Londres (avec une superbe performance de l'acteur Britannique Elliot Cowan dans le premier rôle), j'aurais sans doute davantage apprécié la pièce en ayant pris connaissance de ces éléments.

J'ai également été très impressionnée par le concept et l'agencement intelligents de l'espace d'exposition qui assurent tous deux une continuité entre les différentes salles ainsi qu'une interaction entre les objets présentés et l'observateur.

L'exposition ouvre ses portes jusqu'au 25 novembre 2012. Il est possible de réserver son ticket par Internet ou par téléphone.

BritishMuseum2012

I am currently thinking about a new series of paintings and, in order to better learn my subject, I've started some researching work. To tell you more about this project... Well, you'll have to come back as it isn't the subject of this post. :)

Last week, while in London, I visited the latest special exhibition held in the British Museum and untitled Shakespeare staging the world. The British Museum has collaborated with the Royal Shakespeare Company (RSC)* in the creative approach to the design and content of the exhibition, accentuating the connections between the objects - from great paintings and rare manuscripts to modest, everyday items of the time -, Shakespeare’s text and performance. The museum has produced, working with the actors from the RSC, a series of new digital interventions which appear throughout the exhibition, allowing visitors to encounter Shakespeare’s words and characters alongside the objects on display.

The visitors will also discover the writer’s multiple sources of inspiration and how his innovative plays influenced his contemporary fellows. At the time, the theatre-going experience was very different to that of today because it dominated the cultural life. Shakespeare staging the world shows how the playhouse informed, persuaded and provoked thought on the issues of the day; how the theatre opened a window on the wider world, as London's global contacts were expanding through international trade, colonization (and immigration) and diplomacy.

The parallels made between each play and the beliefs or historical / economical / political events that happened at their time are very interesting.

For example, a link is clearly established between Macbeth (aka The Scottish Play) and King James I's opinions about the link between witchcraft and rebellion against the king. Indeed, witchcraft allegations were commonly levelled against political ennemies within the elite at the time. For the record, the play was most likely written during the reign of James I, who had been James VI of Scotland before he succeeded to the English throne in 1603. James was a patron of Shakespeare’s acting company, and of all the plays Shakespeare wrote during James’s reign, Macbeth most clearly reflects the playwright’s relationship with the sovereign.

The tragedy tells the story of a brave Scottish general named Macbeth who receives a prophecy from a trio of witches that one day he will become King of Scotland. Consumed by ambition and spurred to action by his wife, Macbeth murders King Duncan and takes the throne for himself. His reign is racked with guilt and paranoia, and he soon becomes a tyrannical ruler as he is forced to commit more and more murders to protect himself from enmity and suspicion. The bloodbath swiftly takes Macbeth and Lady Macbeth into realms of arrogance, madness, and death.

Though I saw Macbeth on stage in 2010 at the Globe (with a brilliant performance of British actor Elliot Cowan in the title role), I could have even more enjoyed the play if I had knew all these elements.

I was really impressed by the clever concept and design of the exhibition space which both insured a continuity between each room and an interaction between the items on display and the observer.

The exhibition is open until 25 November 2012. Tickets can be booked online or by phone. Go see it !

* La Royal Shakespeare Company est l'une des plus célèbres compagnies de théâtre au monde. Elle a pour objectifs de faire connaître l'oeuvre de Shakespeare à travers la production de pièces intelligentes et ambitieuses en collaboration avec des scénaristes, acteurs et artistes actuels. / The Royal Shakespeare Company  is one of the world's best known theatre companies. Its ambition is to connect people with Shakespeare and produce bold, ambitious work with living writers, actors and artists.